Écrivain, ce n’est pas un don, c’est un entraînement

Non, les auteurs ne sont pas touchés par la grâce divine
Et c’est plutôt rassurant, je trouve.

Ce n’est pas parce que ton texte n’est “pas assez bon”, ou parce que tu as eu un mauvais retour, que c’est une fatalité. Si tu passes à l’action, insistes, te formes, tu progresses. Tu peux réécrire. Tu peux faire mieux.

Il n’y a pas d’un côté ceux qui “écrivent bien” et seraient faits pour ça, et de l’autre ceux qui devraient abandonner tout de suite. Il y a surtout celles et ceux qui écrivent tous les jours (ou presque). Ceux qui entretiennent leur pratique, qui ne lâchent pas, qui apprennent, qui font de l’écriture une priorité. Ce sont eux qui avancent, qui terminent des manuscrits, qui vont au bout de leurs projets.

L’écriture d’un roman, ce n’est pas une illumination. C’est un projet. C’est une vision plus rassurante non ? Reprendre le contrôle

J’ai toujours adoré, dans les films, ce moment où l’écrivain est “touché par la grâce”. Il passe trois jours à écrire jour et nuit (il n’a pas d’enfants, ou alors ils sont mystérieusement chez les grands-parents). Au bout de trois jours : roman terminé, best-seller assuré, dédicaces, réconciliations, amour retrouvé grâce au livre qu’il vient d’écrire. Alors que je n’ai pas fini mon planning d’écriture.

C’est enthousiasmant à regarder. Mais une fois le film terminé, on fait quoi de cette image ?

Parce que, dans la vraie vie, se mettre à écrire est souvent un dilemme :
“Pourquoi est-ce que je n’irais pas juste regarder ma série ?”
“Pourquoi je ne me contenterais pas de lire un livre ?”

L’écriture comme projet, pas comme miracle

Si tu continues à revenir à la page, c’est que quelque chose en toi sait que ce n’est pas “juste” un hobby.
Tu as besoin de créer cet univers, d’écrire cette histoire qui trotte dans ta tête.
Et oui, il y a aussi une part d’obstination : tu veux aller au bout, te prouver que tu es capable de faire, de refaire, de terminer. On ne devient pas écrivain en rêvant d’écrire. On le devient en écrivant.

Le fameux “flow”, ce moment où tout semble couler tout seul, ne tombe pas du ciel. Il arrive plus facilement quand tu t’es déjà assise plusieurs fois pour écrire alors que tu n’en avais pas forcément envie. Quand tu t’es montrée disponible. Quand tu as accepté de sortir du confort.

Parce ce que ce qui complique les choses, c’est qu’il n’y a souvent personne pour te demander :
“Alors, tu as écrit ton chapitre aujourd’hui ?”
Personne pour vérifier tes 500 mots du jour.

La grâce, c’est aussi du travail

L’écriture est un plaisir. Une fois que le fil est repris, que la scène est lancée, je suis heureuse d’être là. Parfois je touche au flow, parfois non. Mais je ne me considère pas comme “touchée par la grâce”. Ce que j’écris est surtout le résultat d’un travail : celui que je fais sur ce muscle qu’est la créativité.

Le talent, bien sûr que ça existe. Certains ont plus de facilité que d’autres. Mais derrière toutes les histoires qu’on admire, il y a souvent du travail acharné, des heures à réécrire, des essais ratés, des lectures, des formations, en tout les cas, beaucoup beaucoup de doutes.

Ce qui me motive et m’inspire

lire et écouter des gens qui parlent de l’écriture de fiction, de leur parcours, de leurs doutes, de leurs ratés, de leur discipline.
L’amélioration, ce n’est pas un miracle. C’est de l’obstination, de l’entrainement, le fait de revenir au rendez-vous, d’en manquer mais de revenir quand même.

Ne t’arrête pas au “simple” talent ou à la facilité. Si écrire te plaît, va voir ce qui se passe quand tu persévères.

Elizabeth Gilbert et la créativité sans drame

J’aime beaucoup la vision de la créativité d’Elizabeth Gilbert dans « Comme par magie ». Elle casse ce fameux mythe de l’écrivain ou de l’artiste en souffrance permanente. Elle rappelle qu’on peut créer sans se détruire, qu’on peut travailler sérieusement sans se prendre tragiquement au sérieux, et que l’inspiration aime qu’on lui offre un rendez-vous régulier.

Qu’est ce qui te fait avancer et tenir le rendez-vous avec l’écriture?
Tu es plutôt team «  c’est un don » ou « si je veux je me forme, j’apprends, je persévère ».

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