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La liberté dans l’écriture d’un roman

Se libérer de la peur d’être lu : écrire un roman sans se censurer
Tu ne manques pas d’idées, parfois, tu t’interdis de les écrire.
Et si tu avais finalement plus peur d’être lu(e) (surtout par tes proches) que de la page blanche ?

Tant que tu donnes à ces regards imaginaires, ou à ta propre critique intérieure, plus de pouvoir qu’à ton envie d’écrire un roman, ton histoire reste coincée dans ta tête. (Ça, c’est balot.)

Qui est aux manettes quand tu écris ?

Tu t’installes pour écrire ton roman. Tu as fait ton thé, ton café, ta bougie est allumée, tu as fini de faire tes carreaux, ton linge, la maison est propre, les enfants sont couchés (oui, là j’exagère, revenons à la réalité).
Tu ouvres ton document, tu commences une scène. Tout va bien… jusqu’au moment où une pensée surgit : “Je ne peux pas écrire ça, on va me reconnaître.” “Il va se reconnaître.” “On va croire que je pense vraiment ça.”
“C’est trop osé.”
À partir de là, tu ne suis plus ton histoire : tu écris sous la pression du regard des autres. Tu essaies de deviner ce que ta mère, ton conjoint, tes enfants, tes collègues “accepteraient” de lire. Et, très vite, tu n’écris plus… ou tu déformes déjà tes propres idées.
Ce qui te paralyse, ce n’est pas seulement le jugement des lecteurs en général (ça viendra aussi), c’est le jugement de tes proches.
Le regard d’un inconnu fait moins peur que celui de ta famille ou de tes amis.
Résultat : tu t’autocensures pour éviter le malaise plus tard… et tu t’empêches d’écrire maintenant.

L’autocensure : se juger avant même d’écrire

Le plus grand frein à l’écriture de ton roman est souvent intérieur.
C’est cette voix qui commente chaque phrase avant même qu’elle n’arrive sur la page, celle qui te dit : “Tu ne peux pas écrire ça, c’est trop osé.”
Tu demandes à ton cerveau d’être à la fois auteur et censeur. De créer et de contrôler en même temps.
Ce fonctionnement étouffe ta créativité. Un roman ne peut pas naître dans un espace où chaque mot doit être “acceptable” dès le premier jet.
Le premier jet n’est pas fait pour être parfait.
C’est un début, et il a déjà le mérite d’exister.
Il sert à sortir l’histoire de ta tête, pas à produire un texte fini, prêt à être publié.
D’abord écrire librement, ensuite corriger pour être lu
La clé pour retrouver ta liberté d’écriture, c’est de prendre conscience de l’ordre des choses :

  • Étape 1 : tu écris tout, sans te censurer. Tu laisses venir les scènes, les émotions, même si elles te semblent exagérées, injustes, brutales ou trop intimes. Tu écris comme si personne ne te lirait.
  • Étape 2 : à la réécriture, tu décides ce que tu gardes, ce que tu transformes, ce que tu atténues ou supprimes avant que ton roman soit lu.

Tant que tu te juges pendant que tu écris, tu t’empêches simplement d’accéder à la matière que tu pourrais ensuite retravailler.
La liberté vient quand tu acceptes que ton premier jet n’est pas définitif, mais un point de départ.

3 pistes pour écrire sans peur du jugement

Pour t’aider à écrire un roman sans rester bloquée par la peur d’être jugée, voici trois pistes :

  • Décider que ce roman n’est pas (encore) pour tes proches.
    • Tu peux choisir que, pour l’instant, ce manuscrit n’est pas destiné à ta famille ni à tes amis.
      • Peut-être qu’ils ne le liront jamais, d’ailleurs.
      • Le simple fait de te donner cette autorisation peut faire baisser la pression et te redonner de l’espace pour écrire.
  • Te rappeler que tu écris une fiction
    • Si tu crains qu’on reconnaisse trop tes références, souviens-toi que tu écris une fiction.
    • À toi de déformer, d’associer différemment, de mélanger plusieurs personnes en un seul personnage.
    • La déformation de la réalité, les changements de contexte, de détails, de traits physiques ou de liens permettent de te sentir en sécurité tout en gardant la vérité émotionnelle.
  • Créer un espace de brouillon sacré
    • Offre-toi un espace d’écriture “sacré” : un carnet, un document, un fichier réservé au premier jet.
    • Dans cet espace, tu as le droit absolu d’écrire ce que tu penses vraiment, même si c’est “trop”.
    • Ce n’est pas le texte final, c’est un brouillon. Personne n’a besoin de le lire.
    • Ta seule mission est de laisser sortir l’histoire dans sa version brute.

Enfin, fais confiance à ton toi futur
Tu n’as pas à gérer aujourd’hui toutes les conséquences possibles de ton roman.
Fais confiance à la version de toi qui relira ton manuscrit plus tard.
Ton toi du futur sera plus lucide et plus calme pour faire ces choix.
Toi, maintenant, tu as surtout besoin d’écrire.

Écris aujourd’hui comme si personne ne te lirait.
Tu décideras demain ce que tu veux vraiment montrer.
Enfin, solution extrême tu peux garder tout cela secret et avoir un pseudo.
Et après tout cela… si tes proches ne lisaient jamais ton roman ?
Question dérangeante, mais essentielle : et si, finalement, tes proches ne lisaient jamais ton livre, ou seulement une partie ?
Et pire (ou mieux) : s’ils l’adoraient ?
La peur du jugement est souvent bien plus forte que la réalité.

Souviens-toi que tu n’écris pas uniquement pour trois ou quatre personnes de ton entourage.
Tu écris pour le lecteur ou la lectrice que tu ne connais pas encore, mais qui aura besoin de ton histoire, de tes mots, de ta sensibilité.
Alors demande-toi : est-ce que tu es prêt(e) à sacrifier ton roman complet pour éviter un éventuel inconfort ?
Si la réponse est oui, c’est bien dommage… et c’est que je n’ai pas encore réussi à te convaincre.
Si la réponse est non, ton prochain pas est simple : écris, phrase après phrase.
C’est comme ça qu’on commence à écrire un roman en se libérant, peu à peu, de la peur d’être lu et du regard de ses proches.

« Almost all good writing begins with terrible first efforts. You need to start somewhere… What I’ve learned to do when I sit down to work on a shitty first draft is to quiet the voices in my head. » – Anne Lamott

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