Et si on se racontait un autre histoire ?

Écriture, cerveau, bien être et pouvoir des récits
Nous nous parlons tout le temps. Souvent sans même nous en rendre compte. Dans une démarche d’écriture et de développement personnel, ce dialogue intérieur devient central : il influence directement notre bien‑être émotionnel et notre manière d’agir.
Ces derniers temps, je m’exerce à l’accompagnement dans le cadre de ma certification de coaching, où j’utilise beaucoup l’écriture et le journaling comme outils. Les personnes avec qui j’échange commencent souvent leur phrase par « je me dis que… » ou « je me raconte que… ». Ces récits intérieurs sont au cœur du travail sur les croyances limitantes.
La question qui me vient assez fréquemment quand j’écoute ce qu’ils se disent, c’est : « Mais si tu te racontais les choses autrement ? » Certes, c’est le classique « et si tu voyais les choses autrement ». Sauf qu’ici, dans le fait de se raconter une histoire, il y a tout un système invisible. Une histoire construite sur un vécu, une éducation, parfois sur des croyances limitantes très anciennes. L’écriture intuitive et inspirée permet justement de rendre ce système visible.
L’écriture intuitive outil de bien-être
Il s’agit bien de voir les choses autrement. Mais pour faire un pas de côté et voir les choses autrement, encore faut‑il savoir observer le chemin qui a mené à cette histoire. Le récit de soi qui nous a amenés là. C’est là que l’écriture pour le bien‑être devient un outil puissant : poser les mots permet de remonter le fil.
Et si on reprenait notre histoire justement, pour s’en raconter une autre ? À partir d’un récit différent, on agit aussi différemment, car on ressent les choses différemment. Rien de tel, en écriture de développement personnel, pour donner à une situation une autre dimension, une autre signification.
Reprenons : on se dit qu’on ne sait pas faire ci ou ça, qu’on n’a jamais fait ce genre de chose, qu’on est trop âgée pour commencer à envisager d’écrire des romans (toute ressemblance avec une personne existante serait une coïncidence), qu’on n’est pas assez créatif, que ça ne sert à rien, qu’on a déjà essayé, que c’est trop compliqué. Les freins, on sait se les raconter à la perfection. L’écriture intuitive met ces pensées en lumière. Mais si on se racontait aussi nos réussites, nos possibles, dans la projection ?
Voici ce que je me racontais avant :
« Je suis celle qui fuit les conflits. »
« Je suis celle qui n’ose jamais prendre la parole. »
« Je ne finirai jamais un projet créatif. »
Un exemple concret pour moi : j’étais impressionnée par une personne et j’étais mal à l’aise quand je lui parlais, en retrait.
Je me suis imaginée autrement. Je me suis racontée, par l’écriture, que je n’étais pas quelqu’un d’effacé qui fuit le conflit pour cette fois‑ci. L’écriture pour changer sa vie commence souvent par une simple phrase reformulée.
L’écriture comme cheminement vers une nouvelle programmation des pensées
Cela demande de l’entraînement, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais à force de se rendre compte de l’histoire qu’on se raconte, et du mécanisme que cela entraîne dans le cerveau et dans le corps, on peut commencer à se raconter que cela va changer. Écrire, relire, ajuster : c’est une forme douce de reprogrammation de ses pensées.
On ne change pas sa vie, on change l’histoire qu’on se raconte sur sa vie.
Peut‑être qu’au fond, il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre.
Mais simplement d’apprendre à se raconter avec plus de justesse, plus de nuance, plus de possibilités, grâce à l’écriture de soi.
C’est ce que j’explore aujourd’hui dans ma pratique de coaching et écriture. Observer ces récits que l’on porte sans même s’en rendre compte, les questionner, les déplacer parfois… et voir ce qui change quand une autre histoire commence à émerger. L’écriture pour le bien‑être devient alors un laboratoire intérieur.
Parce que derrière chaque “je suis comme ça”, il y a souvent une histoire qui attend simplement d’être réécrite à travers le journaling ou un atelier d’écriture de développement personnel.
Le cerveau croit les histoires qu’on lui raconte
Je ne suis pas une fervente défenderesse de la manifestation.
Mais je me dis que derrière, il y a aussi ces histoires qu’on se raconte et surtout l’état d’esprit dans lequel cela nous met. C’est exactement là que l’écriture et le développement personnel se rejoignent.
Des coachs comme Tony Robbins ou Joe Dispenza rappellent souvent que notre cerveau ne fait pas vraiment la différence entre une expérience réelle et une expérience intensément imaginée. Notre cerveau et notre système nerveux réagissent davantage à l’interprétation d’un événement qu’à l’événement lui‑même. Écrire ces scénarios, c’est déjà influencer la manière dont le cerveau les encode.
Tu l’as sûrement déjà vécu.
C’est ce moment où tu penses à une conversation que tu n’as pas encore eue avec quelqu’un mais que tu appréhendes déjà, en anticipant un refus par exemple, et tu fulmines déjà. Tu n’es pas dans le contexte mais tu vis la conversation, et ton corps est déjà dans les émotions de la conversation. Pourtant, tu es tout(e) seul(e), en train de ranger tes courses. Ce scénario intérieur est un “récit” que ton cerveau prend pour argent comptant.
Et si on se racontait les choses autrement ?
Il ne s’agit pas de se dire forcément que ce que tu imagines va se réaliser, ni de se mentir. Même si je te le souhaite et que je pense que cela peut arriver.
Mais je pense surtout que le fait de se raconter les choses autrement, par l’écriture, nous place dans un autre état d’esprit. Si on se raconte comme d’habitude, on agit comme d’habitude.
Et si on se racontait autrement :
pour se définir autrement, par le récit écrit de soi ;
puis agir autrement ; sûrement, les résultats seraient différents.
Je pose ça là.
Oui, ça peut idéaliser la chose, mais le « nerf de la guerre », si j’ose dire, est toujours là : dans quel état d’esprit tu abordes la chose ?
Et quel récit intérieur tu écris et réécris, consciemment ou non, dans ton journal ?
Quelle est l’histoire que tu construis et l’état dans lequel tu forges ton esprit et ton corps (pense à la dispute que tu vivais alors que tu étais juste en train de ranger tes courses).
Si tu changes l’état de ton corps et de ton esprit, à travers une pratique régulière d’écriture pour le bien‑être, aurais‑tu un autre résultat ?
Cela rejoint le fameux modèle de Brooke Castillo
le modèle CTFAR de Brooke Castillo :
- C = Circumstances (la situation extérieure)
- T = Thoughts (les pensées)
- F = Feelings (les émotions)
- A = Actions (les actions)
- R = Results (les résultats)
La circonstance est la même.
Mais la pensée que tu choisis à son sujet n’est plus la même, donc l’émotion change, l’action change, et le résultat change aussi.
Le résultat dépend de ton action, qui dépend elle‑même de ton sentiment, de la manière dont tu interprètes la situation. L’écriture de développement personnel est un outil concret pour observer et modifier ce “T” (Thoughts).
Voici ce que je me racontais avant :
« Je suis celle qui fuit les conflits. »
« Je suis celle qui n’ose jamais prendre la parole. »
« Je ne finirai jamais un projet créatif. »
Un exemple concret pour moi : j’étais impressionnée par une personne et j’étais mal à l’aise quand je lui parlais, en retrait. Je me suis imaginée autrement. Je me suis racontée, noir sur blanc dans mon carnet, que je n’étais pas quelqu’un d’effacé qui fuit le conflit pour cette fois‑ci.
Cette petite réécriture est un acte d’écriture thérapeutique.
Cela demande de l’entraînement, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais à force de se rendre compte de l’histoire qu’on se raconte, de l’écrire, de la voir, et du mécanisme que cela entraîne, on peut se raconter que cela va changer. C’est là toute la puissance de l’écriture et du bien‑être.

Merci pour cet article, il m’a vraiment parlé.
Cette idée qu’on se raconte des histoires en continu, souvent sans s’en rendre compte, je la trouve très juste.
Et le fait d’écrire pour les voir apparaître, puis éventuellement les faire évoluer… ça me semble à la fois simple et assez puissant.
Merci pour ce partage.
Merci ! toi pour ton retour. Et oui c’est a qui est incroyable se raconter des histoires qui nous enferme dans une réalité !
Je suis une adepte du modèle de Brooke Castillo, nos pensées créent notre réalité et je pratique, énormément, le journaling ou flow de pensée. Cela m’aide beaucoup dans mon cheminement, aussi à débloquer des situations et comme tu le dis à voir les choses de façon parfois différentes. Merci de promouvoir cette pratique, je suis convaincue qu’elle est majeure en coaching.
Merci pour tes encouragements ! Je suis convaincue de ce schéma et surtout du journaling pour changer 😉
Ah mon dieu, les histoires qu’on se raconte… On a tout intérêt à les poser sur papier, ça permet clarifier, les faits et ce qu’on se raconte autour de ça, ça fait aussi du bon matériel pour inventer d’autres histoires! Je ne connais pas ce modèle de Brooke Castillo, mais je vais creuser la question, ça m’intéresse beaucoup. Merci pour cet article inspirant!
Merci à toi pour ton retour ! c’est un modèle très inspirant oui ! Je suis convaincue du pouvoir du papier !